SwisSpirit NÉGOCE INTERNATIONALE

Le rôle principal des sociétés de négoce est d’acheter et de vendre des marchandises (essentiellement des matières premières et des produits semi-finis) à des tiers, avec acheminement de l’endroit de production vers l’endroit de consommation, (généralement de l’autre bout du monde), sans que celles-ci ne transitent nécessairement par la Suisse. En d’autres termes, le négoce international constitue une passerelle entre producteurs et acheteurs afin d’assurer la livraison des marchandises demandées dans les délais nécessaires. Pour ce faire, le négociant (trader) s’entoure d’armateurs, de transitaires, d’assureurs, de sociétés de surveillance et de banquiers. Enfin, notons que la filière qui mène du producteur aux consommateurs est différente pour chaque produit, d’où la nécessité de spécialisation des négociants.

Les opérateurs du négoce commercialisent des matières premières en gérant des risques de différentes natures : risques d’ordre qualitatif-sanitaire et quantitatif (aléas climatiques), risques logistiques (frets, grèves portuaires, encombrement des ports), risques politiques (à destination), risques financiers (des acheteurs et des taux de changes) et enfin, risques de marchés. Concernant certains produits, ils doivent de plus en plus souvent gérer des certifications de type qualité, sanitaire ou durabilité.

 

L’entreprise de négoce peut intervenir à plusieurs niveaux :

  • –  Réalisation du contrat avec le vendeur ou acheteur avec une quantité, une qualité, un lieu et une date d’acquisition précisée
  • –  Stockage, transformation, transport, contrôle de qualité et quantité et livraison du bien
  • –  Construction de « supply chains » efficaces et performantes permettant d’offrir à leurs clients les produits de base les meilleurs, au moindre coût, dans les délais les plus courts tout en réduisant les risques de non livraison. Dans le contexte actuel de pénurie de crédit, beaucoup d’opérateurs industriels travaillent avec un stock minimum et dépendent donc de la qualité de leur chaîne d’approvisionnement.A chacune des étapes du processus, plusieurs intermédiaires peuvent apparaître : la banque qui va assurer le financement de la transaction par une ligne de crédit, la compagnie d’assurance, la société qui contrôle la qualité du produit, l’entreprise de transformation, la compagnie de transport (maritime et/ou terrestre) qui va physiquement assurer la logistique de l’opération, des sociétés de manutention et d’entreposage et, de plus en plus, des organismes de certifications destinés à vérifier la bonne mise en œuvre de référentiels de qualité ou d’assurance qualité sanitaire ou environnementale (lié à des exigences de durabilité).En ce qui concerne les marchés à terme, les « contrats » sont des promesses de vente ou d’achat d’une marchandise à une date éloignée du moment de la signature (trois ou six mois), soit à un prix fixé à l’avance, soit au prix du marché. En fait, le trader achète ou vend un produit dérivé, dont il peut posséder ou non l’équivalent physique, aux fins de couvrir un risque de fluctuation de prix entre le moment de l’achat des produits physiques et la revente. La spéculation à la baisse correspond à un engagement de livrer un produit que le négociant pense pouvoir acheter à un prix plus bas que convenu au moment de la vente, tandis que la spéculation à la hausse représente l’achat d’un produit dans l’espoir de pouvoir le revendre à un prix plus élevé.Dans le processus esquissé, les transactions portent sur des biens physiques réels et (minéraux ou produits alimentaires) pour des échéances généralement très courtes mais pouvant, dans certaines situations, se dérouler sur plusieurs années entre le moment de la cession par le vendeur à la société de négoce, la production, le transport et stockage, la vente par la société de négoce à un acheteur. De fait le patrimoine de ces trois opérateurs (vendeur, société de négoce, acheteur) peut subir des fluctuations au gré des cours mondiaux des biens ce qui peut les inciter à sécuriser leurs contrats physiques par des opérations financières de couverture qui peuvent porter soit sur les biens eux-mêmes soit sur les instruments monétaires de la transaction soit sur le coût du transport maritime.

    Dans le cas où la sécurisation porte sur le contrat physique d’un quelconque des trois opérateurs (acheteur, société de négoce ou producteur/vendeur), celui-ci va recourir classiquement au marché à terme des biens ou au marché des produits dérivés. La fonction de ces deux types de marchés est identique. Comme les contrats physiques portent sur des produits spécifiques, les opérations de couvertures sont elles aussi spécifiques (ce qui explique pourquoi il est rare qu’une société traite tous les types de matières premières). Les traders physiques actifs dans des marchandises pour lesquelles des marchés à terme avec des prix cotés sur une bourse de matières premières existent (contrairement par exemple à l’acier), auront généralement accès à ces instruments plutôt que de rester ouverts à ce risque.

Certaines sociétés seront spécialisées sur un ou plusieurs produits agricoles, d’autres travailleront sur les produits minéraux, enfin certaines se spécialiseront sur les produits énergétiques. De fait, si une société connaît très bien son marché (acheteurs et vendeurs et pratiques), rien ne permet de supposer, vu la diversité des biens et des pratiques que cette société pourra opérer pour un bien différent (par exemple, pétrole et riz).

Actuellement, le tissu genevois du Commodities trading est suffisamment diversifié en type de sociétés de négoce qui se répartissent le marché pour que le risque de dégât à l’image de Genève paraisse limité.

Cependant, le phénomène de concentration verticale, mouvement assez récent, consiste pour une société à assurer son approvisionnement, et ainsi éviter des pénuries. Ces sociétés acquièrent alors des mines, des installations portuaires, des entrepôts de stockage, des entreprises de transformation ou des surfaces agricoles, ce qui induit une mutation dans leur organisation qui n’est plus uniquement de nature commerciale. En vue de sécuriser tout ou une partie de leurs approvisionnements, celles de leurs usines de transformation ou celles de leurs clients, les opérateurs de négoce s’appuient de plus en plus fréquemment sur des accords de contractualisation avec les producteurs (notamment dans le cadre du négoce de commodités agricoles).

On trouve dans ce domaine de grandes sociétés internationales mais également toutes sortes d’acteurs, notamment des bras commerciaux de grands producteurs ou de petites sociétés de négoce. Ce marché est d’ailleurs particulier en ceci que la taille n’est pas vraiment une barrière à l’entrée. Une forme de financement répandue dans le secteur, le crédit transactionnel (la marchandise sert de gage), permet à de petites sociétés de petite taille d’intervenir sur ce marché.